La direction littéraire

Salut tout le monde ! Chaque fois que je publie un livre, j’ai droit à une direction littéraire qui me fait évoluer en tant qu’auteure. J’essaie d’intégrer les conseils et je tente de repérer les problèmes qui reviennent plus fréquemment dans mes écrits. Je me suis dit que de vous en parler pourrait peut-être vous aider si comme moi vous écrivez. Si vous n’êtes pas un auteur, ce texte parle un peu de mes apprentissages et de mon travail. Ça vous plongera au cœur de l’action de l’auteur novice.

Le point de vue narratif

À la direction littéraire de Déviance, j’ai appris l’importance du point de vue narratif. Pour résumer, disons que le point de vue narratif, c ‘est « qui » raconte l’histoire. Par exemple, si je décris les sentiments de Yannick et le façon dont il voit les actions se dérouler devant lui, il serait mal venu, dans la même scène, de parler des sentiments de Dorothée, à moins qu’ils soit décelables par Yannick. La narration est du point de vue de Yannick, du moins pour cette section et je ne peux qu’écrire ce que Yannick voit, entend et ressent. C’est lui le point de référence.

On a travaillé fort là-dessus et je suis heureuse de voir que dans mon dernier manuscrit, j’ai su démontrer que cette notion était maîtrisée (ou presque). Par contre, j’ai bien vu que plusieurs autres trucs clochaient. Je vous les partage ici !

La lumière

Eh oui ! S’il fait noir comme l’encre, il sera impossible pour un personnage de voir les traits terrorisés dans le visage de son interlocuteur. Ça semble bête, mais on oublie souvent ce genre de trucs. Et je ne fais pas exception à la règle! En bref, Si Paul ne peut même pas voir ses mains, alors Éric sera incapable de repérer l’interrupteur au mur, quelques mètres plus loin, à moins qu’il ait une vision bionique, ce qui est rarement le cas.

Le positionnement

Quand les personnages posent des actions que vous n’avez jamais réalisé auparavant, j’ai appris qu’il était judicieux de les essayer (lorsque cela est possible). Il faut aussi garder en tête qu’un enfant et un adulte n’ont pas la même portée au niveau de leur mouvement.

Les tics d’écriture

On en a tous. J’en ai 2 ou 3 plutôt récurrents et j’ai beaucoup de difficultés à les voir. Je ne vais pas les énumérer ici, parce que vous risquez de porter, consciemment ou pas, plus attention à mes tics lors de votre lecture. Même si la direction littéraire permet d’en enlever une tonne, il en reste toujours.

La recherche

Eh bien ! On ne peut pas tout trouver sur Internet et il s’avère ardu d’arriver à trouver certaines notions dans les livres. Par exemple, pour des détails concernant une maladie X, il y a sûrement beaucoup de documentation à cet effet, mais serez-vous à même de les comprendre, vous qui n’avez pas étudier en médecine (moi non plus d’ailleurs)? Dans le doute, on peut faire un appel à tous sur Facebook : « j’aimerais parler à X personne qui vit X problématique. Ça fait partie de la recherche pour mon bouquin en cours. Connaissez-vous quelqu’un qui aimerait m’aider? »
Ça, ça marche quand on sait qu’on est ignorant sur X ou Y domaine.


Malheureusement, bien souvent, on ne sait pas qu’on ne sait pas. Une personne ayant corrigé un de mes manuscrits m’a déjà dit : « Il y a un manque flagrant de recherches dans ce manuscrit ». Abasourdie et ayant mis des centaines d’heures dans la recherche, je ne comprenais pas la critique. En fait, après avoir discuté avec cette personne, j’ai rapidement compris : je ne savais pas ce que je ne savais pas.

J’avais fait beaucoup de recherches sur certains sujets qui m’étaient tout à fait inconnus. Et sur certains aspects, je n’en avais pas fait du tout, parce que je ne considérais pas ces aspects importants, parce que j’ignorais qu’ils l’étaient. Paresse? Non! Ignorance? Oui! Ou bien dont j’assumais que certaines choses fonctionnaient d’une certaine manière. Je pensais savoir.


C’est humain. C’est à force d’expérience qu’on acquiert la connaissance de notre « non connaissance ». Bon, c’est philosophique tout ça, mais j’espère que vous comprenez quand même haha !

Conclusion

Bref, c’est une chance inouïe que d’avoir une direction littéraire. Ça me permet d’évoluer en tant qu’auteure. J’ai entendu souvent des personnes qui désiraient être publiées dire : « Personne ne me fera déplacer une virgule dans ce texte qui m’appartient ». En fait, il me semble que cette façon de penser n’amène pas le progrès. C’est peut-être une façon de défendre son estime de soi, mais comment peut-on évoluer seul et sans aide, quand on ne sait pas qu’on ne sait pas? Parce que, croyez-moi, on est tous dans le même bateau à ce niveau.

Lors de ma dernière direction littéraire, j’ai ajouté 10 000 mots à mon texte (sur un total de 80 000 mots, c’est énorme!) On est loin de la virgule là. Et pourtant, je suis certaine que mon texte me ressemble beaucoup plus, qu’il a atteint un niveau que je n’aurais jamais atteint seule. Je ne dis pas qu’il s’agit d’un roman parfait, loin de là, mais il est vraiment mieux que le manuscrit que j’ai soumis à la base.

En bref, pour ressortir grandi de la direction littéraire, il faut savoir accepter la critique, savoir comment en tirer des leçons pour non seulement corriger le manuscrit en cours, mais aussi élever un peu le niveau de notre art (sans prétention) afin d’être capable de les mettre en pratique pour de futurs écrits.

Je disais justement à une amie que je me sentais comme dans un jeu vidéo. Il y a 100 niveaux au total. Je suis au niveau 10, peut-être. À chaque fois que j’ai la chance d’avoir une direction littéraire, je prends quelques niveaux. Chaque fois que j’écris, que je me questionne, que j’apprend, que je lis un manuel de référence, je gagne de l’expérience (XP). Bref, je suis peut-être juste un petit paladin niveau 10, mais j’aspire à m’améliorer :-). J’espère que cet article vous a plu et vous a permis d’apprendre un truc ou deux! Au plaisir de vous jaser !

Publié par Withney St-Onge B.

Je suis une mordue de la littérature québécoise. J'adore lire, écrire, jaser avec les auteurs, lecteurs et éditeurs de chez nous. J’adore dévorer les nouvelles, ressentir les poèmes, être engouffrée par les romans et vivre les contes.

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